Un metier ancestral la taille de pierre








Les outils, première partie.


Par Jean-Frédéric Berger




Lorsque l’on devient tailleur de pierre c’est souvent l’association d’un choix professionnel et d’une passion, celle de la pierre et des monuments. A ce propos, il est bon de savoir qu’il n’y a pas d’âge pour devenir tailleur de pierre et je connais pas mal de personnes qui se sont lancés après des études ou passé la trentaine dans ce métier qui est vraiment passionnant et ouvert à tous tant garçons que filles.

Dès lors, il est fréquent que l’on soit à la recherche dans des brocantes, dans les petites annonces d’outils anciens attachés au travail de la pierre ou d’autres métiers. La majorité de ces outils hormis les rabots à pierre sont souvent réutilisable après un passage éventuel à la forge. Ils peuvent permettre de se constituer une caisse à outils ou un complément de caisse à bon prix.

Mais pour ma part, j’accorde beaucoup d’importance à la racine historique de l’outil en lui-même, se dire que l’on doit le ciseau aux Egyptiens ou le taillant aux Romains, n’est pas une chose anodine. Les gestes que l’on reçoit dans l’apprentissage ont également une histoire, ils se pratiquent depuis des millénaires et leur raison d’être est incontestable. Alors que diable acceptons de faire l’effort de les maitriser et non de croire les réinventer, des hommes sont passés avant nous et d’autres suivront mais le geste et l’outil resteront.

Le prolongement de l’esprit

Il est fréquent lorsque l’on forme un débutant qu’il soit étonné par la simplicité des outils au regard de la qualité et de la justesse de réalisation des ouvrages. Au début, le ciseau a souvent la préférence, puis avec le temps la maitrise du taillant devenant plus présente, il se rend compte que l’outil est parfaitement adapté et très précis, car il ne constitue que le prolongement de la main et est animé par l’esprit, par la pensée du tailleur de pierre et cela depuis les temps les plus anciens. Un bon tailleur de pierre se juge à la qualité de son travail, dans la façon dont il va « habiller » la pierre, comment il va arriver à la faire vibrer en lui donnant vie. La justesse et la précision ont leur importance, mais attention au côté trop mécanique qui pourrait dénaturer et affadir la pièce.

Ensuite et pour rester dans l'esprit, il est important de préciser que tous les tailleurs de pierre dessinent mentalement la pierre qu’il réalise. Cette construction mentale en trois dimensions et en transparence est indispensable afin de visualiser totalement les étapes de travail et la projection finale de la pierre dans l’ouvrage. Car une pierre seule n’a pas de raison d’être. Cette image virtuelle est l’une des étapes d’apprentissage les plus difficiles à maitriser, tout le monde n’y arrive pas. Mais la pratique du dessin et de la stéréotomie facilite cette capacité de pensée et permet d’envisager la réalisation de pièces et ouvrages très complexes.


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