Lorsque l’on devient tailleur de pierre c’est souvent l’association d’un choix professionnel et d’une passion,
celle de la pierre et des monuments. A ce propos, il est bon de savoir qu’il n’y a pas d’âge pour devenir
tailleur de pierre et je connais pas mal de personnes qui se sont lancés après des études ou passé la trentaine
dans ce métier qui est vraiment passionnant et ouvert à tous tant garçons que filles.
Dès lors, il est fréquent que l’on soit à la recherche dans des brocantes, dans les petites annonces
d’outils anciens attachés au travail de la pierre ou d’autres métiers. La majorité de ces outils hormis
les rabots à pierre sont souvent réutilisable après un passage éventuel à la forge. Ils peuvent permettre
de se constituer une caisse à outils ou un complément de caisse à bon prix.
Mais pour ma part, j’accorde beaucoup d’importance à la racine historique de l’outil en lui-même,
se dire que l’on doit le ciseau aux Egyptiens ou le taillant aux Romains, n’est pas une chose anodine.
Les gestes que l’on reçoit dans l’apprentissage ont également une histoire, ils se pratiquent depuis
des millénaires et leur raison d’être est incontestable. Alors que diable acceptons de faire l’effort
de les maitriser et non de croire les réinventer, des hommes sont passés avant nous et d’autres suivront
mais le geste et l’outil resteront.
Le prolongement de l’esprit
Il est fréquent lorsque l’on forme un débutant qu’il soit étonné par la simplicité des outils au regard
de la qualité et de la justesse de réalisation des ouvrages. Au début, le ciseau a souvent la préférence,
puis avec le temps la maitrise du taillant devenant plus présente, il se rend compte que l’outil est parfaitement
adapté et très précis, car il ne constitue que le prolongement de la main et est animé par l’esprit, par la pensée
du tailleur de pierre et cela depuis les temps les plus anciens. Un bon tailleur de pierre se juge à la qualité de
son travail, dans la façon dont il va « habiller » la pierre, comment il va arriver à la faire vibrer en lui donnant vie.
La justesse et la précision ont leur importance, mais attention au côté trop mécanique qui pourrait dénaturer et affadir la pièce.
Ensuite et pour rester dans l'esprit, il est important de préciser que tous les tailleurs de pierre dessinent mentalement la pierre qu’il réalise.
Cette construction mentale en trois dimensions et en transparence est indispensable afin de visualiser
totalement les étapes de travail et la projection finale de la pierre dans l’ouvrage. Car une pierre
seule n’a pas de raison d’être. Cette image virtuelle est l’une des étapes d’apprentissage les plus difficiles
à maitriser, tout le monde n’y arrive pas. Mais la pratique du dessin et de la stéréotomie facilite cette capacité
de pensée et permet d’envisager la réalisation de pièces et ouvrages très complexes.
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